Les salariés participent directement à l’activité productive et à l’essentiel du processus de création de valeur. Ils investissent leurs ressources et sont très attachés à la pérennité de l’entreprise. De ce fait, ils portent une partie significative des risques, au côté des actionnaires, et cela sur le long terme. La présence des salariés et des actionnaires au conseil d’administration est alors parfaitement naturelle, ce qui n’est pas le cas pour les autres parties prenantes, par exemple les clients, les fournisseurs, les collectivités territoriales, les ONG… Cela ne signifie aucunement que celles-ci n’auraient pas voix au chapitre, mais un dispositif spécifique doit être créé pour construire des relations à long terme avec elles. Ce dispositif spécifique tient compte des conflits d'intérêts potentiels, qui peuvent s’exprimer au détriment de l’intérêt social à long terme de l’entreprise et n’ont pas leur place au sein du conseil. Par ailleurs, les représentants des salariés disposent d’une légitimité issue de l’élection selon les règles de représentativité, facteur de légitimité dont aucune autre partie prenante ne peut se prévaloir (à l’exception notable, il est vrai, des pouvoirs publics). Enfin, il convient de tenir compte des difficultés rencontrées par les entreprises qui doivent déjà respecter deux quotas pour la composition de leur conseil (50 % d'administrateurs indépendants, 40 % de femmes), intégrer des administrateurs salariés (à la suite des lois de juin 2013 et d’août 2015) tout en évitant de composer un conseil pléthorique... Si l’on souhaite que le conseil joue pleinement son rôle, il faut éviter des équipes trop nombreuses, qui tendent à les cantonner à un rôle de chambre d’enregistrement.